Parler du corps autrement : le parcours d’Antonin Moyne entre kiné, musique et transmission
On peut exercer un métier très concret… et ressentir, un jour, le besoin de changer de langage.
Pas pour faire plus. Pour dire autrement.
Dans cet épisode de One Ambition, Antonin Moyne, kinésithérapeute et ostéopathe à Lyon, raconte son parcours : l’enfance en ville, le déclic scolaire, les études, la pratique du soin, et surtout ce fil rouge qui traverse tout : la musique. Une sensibilité qui l’amène à créer un podcast narratif : Le Corps en Poésie.
Qui est Antonin Moyne ?
Antonin Moyne a bientôt 41 ans. Il est marié et père de deux enfants.
Il exerce depuis plus de 18 ans à Lyon, sur les quais de Saône.
Son activité est structurée en deux volets :
-
pratique libérale (trois jours par semaine),
-
enseignement (un jour par semaine) dans une école de kiné spécialisée déficience visuelle.
Ce double rôle (soigner / transmettre) éclaire la suite : Antonin n’est pas seulement intéressé par la technique, mais par la manière dont on fait circuler une compréhension.
Enfance à Lyon : le foot, le jeu, le collectif
Antonin grandit près du parc de la Tête d’Or.
À 8–10 ans, ce qu’il retient d’abord, c’est le foot, pas comme projet pro, mais comme foot de récré : jouer, être avec les autres, bouger.
Ce rapport au jeu et au mouvement restera central, même s’il dit ne plus jouer au foot aujourd’hui, en ayant évolué vers d’autres sports (judo, course, vélo…).
Le déclic scolaire : redoubler pour reprendre la main
Au début, Antonin se décrit comme un élève “ni premier ni dernier”.
Puis, en première, il décide de redoubler.
Le point important n’est pas la note : c’est la posture.
Il explique ne pas avoir eu une “grande rencontre”, mais un moment de lucidité, et aussi une forme de réaction à un discours professoral qui minimisait ses difficultés.
Ce choix marque un passage :
👉 assumer une décision, puis travailler avec un objectif clair (la première année de médecine, vécue comme une “guillotine” du concours).
Pourquoi kiné : le mouvement, les mains, une évidence
Antonin dit n’avoir jamais vraiment hésité : la kiné s’impose tôt, notamment via un stage (quatrième/troisième).
Il y voit une rencontre entre :
-
l’activité physique,
-
le mouvement,
-
le travail manuel.
Il passe sa première année de médecine du premier coup et choisit kiné.
Les études de kiné : densité, pratique et liens durables
Il décrit ces années comme très riches : apprentissages pratiques, bilans, palpations, immersion dans le réel du corps.
Il évoque aussi des moments de stress très concrets (exposition devant le groupe, démonstrations, pudeur qui s’efface).
Et il insiste sur un point social fort : une promo soudée, un groupe d’amis encore proches après 18 ans.
La musique : la source du “Corps en Poésie”
Le cœur de son approche tient en un mot : musique.
Solfège, guitare classique au conservatoire, chant… et aujourd’hui encore un engagement dans un ensemble vocal à Lyon. Il décrit le chant comme une activité qui redonne de l’énergie.
Cette musicalité devient un prisme :
pour Antonin, le corps n’est pas qu’une mécanique. C’est du vivant : mouvement, tissus, émotions, vibrations.
Il résume cela par une formule qui lui ressemble :
👉 “mettre des mots sur des mots.”
“Le Corps en Poésie” : dépasser les murs du cabinet
Antonin explique vouloir aller au-delà des limites physiques de son cabinet :
parler du corps autrement, par la narration, avec un vocabulaire différent.
Il crée alors un podcast : Le Corps en Poésie (début 2025 au moment de l’échange), avec une logique de saisons (“saison 1”, puis “saison 2”).
Il cite une inspiration “type Il était une fois la vie”, comme repère culturel pour situer l’intention : raconter, rendre compréhensible, donner envie d’écouter.
Un projet d’écriture : “Vertèbres en grandeur nature”
Antonin travaille sur un petit livre qu’il appelle un “fascicule”, en lien avec son goût pour l’étymologie. Titre annoncé : Vertèbres en grandeur nature.
Son idée : relire l’anatomie avec des concepts plus globaux et le sens des mots.
Exemple central : “vertèbre” vient du latin vertere (“tourner”), ce qui l’amène à questionner l’image de “colonne” comme structure rigide, pour remettre en avant la mobilité et la flexibilité.
Il mentionne également l’usage d’illustrations (et le fait qu’une image peut clarifier un propos).
Petites victoires : quand l’idée devient réelle
Antonin cite une fierté simple : rentrer chez lui, retrouver sa famille, partager ses nouvelles idées et voir la réaction amusée de sa fille (“encore un projet…”).
Il raconte aussi un premier logo dessiné par sa fille : lui, les enfants, et des livres en lévitation.
Un détail, mais un vrai marqueur : l’idée sort de la tête et devient un objet visible.
Réussite, temps, transmission : une posture
Antonin dit se sentir bien dans une “saison” de création.
Il évoque la tension du libéral (travailler = gagner, arrêter = risque) et sa volonté de ne pas rester enfermé dans une logique uniquement quantitative.
Il insiste sur un thème transversal :
👉 le luxe, c’est le temps.
Côté transmission, il distingue deux publics :
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ses enfants : liberté d’être eux-mêmes, sans devoir “ressembler” aux parents ;
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ses étudiants : curiosité, esprit critique, distance avec le par cœur, capacité à aller vérifier ailleurs (il mentionne aussi l’importance de cette posture dans un contexte où l’accès à l’information est massif, notamment via l’IA).
Pourquoi cet épisode peut parler à beaucoup de gens
Parce qu’il montre une trajectoire sans rupture spectaculaire, mais avec un mouvement clair :
prendre un métier concret, et lui ajouter une dimension narrative, artistique, pédagogique.
Pas pour “se réinventer” artificiellement.
Mais pour exprimer ce qu’on fait avec plus de justesse.
Retrouvez Antonin sur :
Instagram : https://www.instagram.com/le_corps_en_poesie/
Podcast : https://shows.acast.com/lecorpsenpoesie
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