Du syndrome de l'imposteur à la légitimité assumée : le parcours de Marina Movsissian
Petite, elle voulait être une star.
On lui a appris à se taire.
Chez Google, tout le monde lui disait qu'elle réussissait.
Elle, à l'intérieur, pleurait chaque semaine.
Il lui aura fallu 30 ans pour s'aimer enfin.
Grandir dans l'ombre
Marina Movsissian naît à Moscou, d'un père arménien et d'une mère russe. Sa famille fuit la Russie alors qu'elle a 5 ans, après que son père, journaliste, a révélé l'existence d'un conflit que le pays niait. Intimidations à la maison, départ précipité : la France leur accorde le statut de réfugiés politiques.
Arrivée à Paris sans parler la langue, Marina apprend le français en pleurant chaque soir. Bonne élève très vite, elle comprend enfant une règle non-dite : pour être aimée, il faut performer.
À la maison, un père qui aurait voulu un garçon, une exigence de perfection permanente, et une injonction claire : la discrétion est une qualité féminine. Ses élans créatifs, ses envies de lumière, sa gourmandise même, sont moqués ou étouffés.
👉 Elle grandit persuadée que pour avoir la paix, il faut être irréprochable.
Le poids de la performance
Collège difficile, harcèlement, complexes physiques qu'on lui renvoie sans cesse. Le lycée est plus supportable, mais Marina choisit l'ombre : elle se fond dans un groupe, reste en retrait, s'habille large.
Deux adultes, croisés par hasard via son père, la découragent frontalement de faire du journalisme et de la communication, les deux métiers qui la faisaient rêver. Elle bifurque vers un BTS en alternance, un peu par défaut, avec une idée fixe : devenir indépendante financièrement.
Un échec au permis de conduire, vécu comme une humiliation, l'empêche de partir en Australie comme prévu. Elle enchaîne alors les contrats, les écoles en alternance, jusqu'à un poste en CDI dans le marketing digital à Paris. Un poste confortable. Mais pas à la hauteur de son ambition.
Partir pour exister
À 25 ans, sans réel plan B, Marina démissionne avant même d'avoir un poste ailleurs. Elle candidate à Londres, un recruteur l'appelle finalement pour Dublin : une mission de sept mois chez Google.
Les sept mois deviendront trois ans. Sur le papier, tout roule : un badge, une reconnaissance, des managers qui la soutiennent. En elle, pourtant, c'est le syndrome de l'imposteur, chaque semaine, en boucle.
👉 Elle comprend, des années plus tard, que la chance n'y était pour rien : c'était du travail, depuis toujours.
Le rêve américain et ses failles
Une rencontre amoureuse, un projet humanitaire en Grèce, une graine plantée depuis l'adolescence : Marina se met en tête de partir vivre à San Francisco. Elle organise seule un voyage de repérage, décroche une offre en quelques jours et se fait quitter dix jours avant de prendre l'avion.
Elle part quand même. Ce qui l'attend là-bas sera, selon ses propres mots, l'une de ses meilleures années et l'une de ses pires.
Un logement infesté qu'elle est seule à percevoir pendant deux mois, un colocataire qui la harcèle par texto, une amie perdue de vue qui devient une planche de salut. Puis une relation avec un homme en difficulté financière à qui elle prête de l'argent, encore et encore, persuadée d'aider jusqu'à ce que ses colocataires, un soir, la voient enfin raconter toute l'histoire à voix haute.
👉 Ce soir-là, quelque chose se brise en elle. Pas par amour. Par la prise de conscience d'avoir été utilisée.
Le tournant
C'est au cœur de cette période, marquée par un management toxique qui la pousse paradoxalement vers le coaching, que Marina découvre un métier qu'elle ne quittera plus. Elle se forme en parallèle de son poste chez Google, sans savoir encore que cette formation va tout changer.
Le retour en France ne se passe pas non plus comme prévu. Un nouveau poste qui ne correspond pas à ses attentes, une période personnelle bouleversée, et une question qui revient sans cesse : dans quelle vie veut-elle vraiment vivre ?
C'est à ce moment-là qu'elle prend la décision qui va tout changer, elle la raconte en détail dans l'épisode.

Aujourd'hui
Depuis janvier 2022, Marina accompagne à plein temps des femmes sur leur leadership, leur confiance et leurs transitions de carrière, et intervient en entreprise sur l'égalité femmes-hommes. Son cabinet compte aujourd'hui 12 coachs partenaires.
En mars 2026, elle publie son premier livre, Ambitieuse et alors, aux éditions Prochain Chapitre. Ce qui l'a poussée à l'écrire et ce qu'elle en retient aujourd'hui, c'est elle qui le raconte face caméra.
Pourquoi ce témoignage compte
Ce témoignage va parler à toutes celles qui ont appris, enfant, à se faire discrètes pour être aimées. À celles qui réussissent sur le papier sans jamais se sentir légitimes. À celles qui ont mis leur ambition entre parenthèses par peur, par culpabilité, ou parce qu'on leur avait dit que ce n'était pas pour elles.
Le parcours de Marina rappelle une chose simple, et pourtant difficile à intégrer : on ne devient pas légitime en attendant la permission : on le devient en faisant.
Suivre Marina Movsissian
LinkedIn : https://fr.linkedin.com/in/marinamovsissian-coach
Site internet : https://empowermov.com/
Livre "Ambitieuse, et alors ?" : https://www.amazon.fr/Ambitieuse-alors-incarner-leadership-lempowerment/dp/2488886033?ref_=as_li_ss_tl&btn_type=ss&btn_ref=srctok-36f3e3abdb70a084
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