Tirer les leçons de l'échec : le parcours de Justine Abecassis

Tirer les leçons de l'échec : le parcours de Justine Abecassis

À la sortie de son école, elle lance sa boîte.

Deux ans plus tard, elle la ferme.

Aujourd'hui, elle a écrit un livre entier sur ses erreurs.

Une enfance sans racines

Justine naît en Égypte, où ses parents sont expatriés.

Puis viennent Clermont-Ferrand, un village près de Tours, Lyon, Marrakech.

Elle n'a pas de ville d'enfance. Pas d'amis de trente ans.

👉 Ce qu'on voit d'elle petite : une enfant qui ose tout et fonce sans se retourner. Et en même temps une aînée sérieuse, un peu anxieuse, qui veut bien faire.

Ses parents sont tous les deux enseignants à l'université. Côté maternel, une famille libanaise qui a dû tout reconstruire en France après la guerre.

À 8 ans, elle rêve d'être vétérinaire, de travailler pour Interpol. Et surtout d'écrire un livre.

Ne pas avoir les codes

Au collège, à Lyon, Justine est harcelée.

La raison ? Elle n'a pas les bonnes baskets, pas le bon sac.

Elle s'adapte, essaie de rentrer dans le moule. Ça ne suffit jamais.

Ses parents refusent de céder aux marques. Le jour où elle finit par avoir le fameux sac, le harcèlement continue.

👉 Avec le recul, elle les en remercie : cette période lui a appris que les objets ne règlent rien. Elle n'est plus du tout matérialiste aujourd'hui.

Marrakech, l'adolescence en accéléré

À Marrakech, elle découvre un monde de paillettes et de comportements extrêmes.

Justine devient rebelle. Les sorties, les murs qu'elle fait, et même un week-end à Paris en avion avec une copine, sans que ses parents le sachent.

À 15 ans, elle est victime d'un viol. Elle mettra des années à pouvoir mettre ce mot dessus.

Elle tient aujourd'hui à le dire simplement : on peut en guérir, et ça ne définit pas toute une vie.

Ses parents finissent par l'envoyer en internat en France pour son lycée.

Ce cadre la recentre. La suite de ses études se fera dans le calme.

Du Togo à une idée

École de commerce à Rouen. Elle y entre avec une envie : sauver le monde.

Son stage la mène au Togo. Rien ne se passe comme prévu.

Son patron doit fuir le pays, et la stagiaire se retrouve à gérer sa galerie d'art. À 19 ans, des médecins vont même jusqu'à lui annoncer qu'elle a Ebola. Une arnaque à l'assurance.

👉 De cette aventure chaotique, elle retient une chose : l'entrepreneuriat, ça a l'air trop cool. On y fait mille choses, aucune journée ne se ressemble.

Puis les Maldives, et un échange au Canada où un professeur exige cinq idées d'entreprise par semaine. À la fin du semestre, chaque café lui donne une idée de boîte.

Celle qui reste vient de loin. Ado, elle achetait des vêtements à bas prix. L'effondrement du Rana Plaza au Bangladesh, en 2013, lui ouvre les yeux.

Son idée : un site qui réunit les marques de mode éco-responsable.

Deux ans pour une marketplace

En 2017, Justine se lance. Elle embarque sa meilleure amie d'internat, ingénieure, pour coder le site.

Elles ont l'enthousiasme, les encouragements de leurs proches, un incubateur.

Mais Justine ne parle de son projet qu'à ses amis et sa famille. Par peur qu'on lui vole l'idée.

Elle ne confronte jamais son idée à de vrais clients.

👉 Le site met un an à sortir, codé ligne par ligne. Et la cible n'est pas celle qu'elle imaginait.

Les plus engagés n'achètent pas de neuf en ligne. Ils achètent en seconde main. Et certains choix, comme l'accepter le cuir recyclé, leur valent une pluie de critiques.

Elle passe même deux mois à peaufiner un plan de communication, sans jamais commencer à communiquer.

Le jour où les valeurs ne suivent plus

Début 2019, l'incubateur leur propose une levée de fonds.

Justine prépare le business plan. Et quelque chose la met mal à l'aise.

L'argent levé servirait à financer des publicités sur les grandes plateformes. Pour pousser à acheter encore.

👉 Elle réalise qu'elle est en train de promouvoir une forme de surconsommation, alors qu'elle-même n'achète plus que de la seconde main.

Les chiffres finissent de trancher : même avec du trafic, le modèle ne tient pas.

Elles arrêtent.

Rebondir

Après la fermeture, Justine fait de son échec un outil.

Elle mentore une centaine d'entrepreneurs pour leur éviter les mêmes erreurs. Puis elle rejoint Live Mentor, un organisme de formation pour entrepreneurs, où elle finit par diriger le pôle de l'offre pédagogique.

En parallèle, elle siège au board d'EdTech France et enseigne en école de commerce.

Jusqu'à des vacances qui devaient être une pause, et un accident de plongée.

Ce qui suit, la longue reconstruction, le livre écrit dans la tempête et la nouvelle définition qu'elle donne aujourd'hui à la réussite, elle le raconte devant la caméra.

Pourquoi ce témoignage compte

Ce témoignage parlera aux entrepreneurs qui ont fermé leur boîte et n'osent pas en parler.

À ceux qui se lancent et ont peur de faire fausse route.

À toutes celles et ceux qui avancent avec une blessure invisible.

Justine refuse l'échec glamourisé. Elle montre les vraies coulisses, pour que d'autres gagnent du temps.

📌 Retrouvez Justine sur :
Instagram : https://www.instagram.com/justine.abecassis

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