Ne plus rentrer dans une case : le parcours de Marielle Barbe

Ne plus rentrer dans une case : le parcours de Marielle Barbe

Pendant 45 ans, elle a cru qu'elle n'était pas faite pour le monde du travail.

Qu'il y avait chez elle quelque chose qui ne tournait pas rond.

Puis un matin, au comptoir d'un café, tout a basculé.

Une enfance à regarder passer les trains

Marielle grandit dans le Gard, à la campagne.

Une maman à la maison, un papa fonctionnaire, une petite sœur de quatre ans sa cadette.

Six mois par an, elle marche pieds nus dans la nature. Elle observe le ciel, les étoiles, tout ce qu'ils promettent d'infini.

Mais elle s'ennuie. Profondément.

Ce qui la nourrit vraiment, apprendre, découvrir, rencontrer des gens qui ne lui ressemblent pas, elle ne le trouve pas à la maison.

Depuis sa chambre, elle aperçoit au loin une ligne de chemin de fer. Et passe ses journées à annoncer chaque train qui passe.

👉 Ces trains étaient peut-être sa seule façon de s'imaginer ailleurs.

La radio, une fenêtre sur le monde

Vers 14 ou 15 ans, un geste anodin change tout.

Elle tourne le bouton de la radio et tombe sur France Inter.

Des émissions sur la psychanalyse, sur la musique, sur des musiques du monde qu'elle n'a jamais entendues.

Pour la première fois, elle se met à rêver concrètement : Paris, les festivals, les émissions en direct.

Mais à la maison, ses parents se séparent. Les envies de l'adolescente passent au second plan.

La petite fille sage

Marielle est l'aînée.

Dans une famille où l'harmonie manque, sa sœur fait des vagues. Elle, non.

Bonne élève, discrète, docile. C'est d'ailleurs le mot que son père emploie pour la décrire.

Ce qu'elle ne dit pas, son corps l'exprime : elle tombe malade presque chaque semaine.

Au lycée, elle choisit une filière scientifique. Pas par goût. Pour faire plaisir, et parce qu'elle ne sait pas quoi faire de sa vie.

👉 Elle le comprendra bien plus tard : elle ne savait pas quoi choisir parce qu'elle se sentait capable de tout faire.

Seule idée en tête à l'époque : devenir kiné. Faute d'autres modèles autour d'elle.

Deux échecs et un « stop »

Le bac arrive en plein chaos familial.

Elle le rate.

Ses notes en français, en philo et en langues sont excellentes. Elle envisage de passer en littéraire. Son père refuse : sans filière scientifique, pas de kiné.

Elle repasse le bac. Et le rate une deuxième fois, à un point, à cause des maths et de la physique.

Cette fois, c'est non.

👉 Avec le recul, elle voit ce second échec comme un cadeau : sans lui, elle serait restée la petite fille qui fait plaisir à tout le monde.

Elle décide enfin pour elle-même. La réponse de son père est sans appel : elle choisit, alors elle se débrouille seule.

À 19 ans, Marielle travaille donc. Cantine et aide aux devoirs dans une école alternative à Avignon, et en parallèle, elle se forme : massage, développement personnel, tout ce qui peut l'aider à comprendre qui elle est.

À une époque où ces sujets faisaient encore sourire.

Paris, le réseau et les années Zebrock

Une école de radio à Paris, des chambres de bonne sans douche, des nuits sur un matelas dans un placard, des allers-retours avec Avignon et son festival.

Puis la Maison de la Culture de Bobigny, la billetterie de l'Opéra d'Avignon, le management d'un groupe de musiciens marseillais.

Toujours plusieurs choses en même temps.

Et un jour, une amie lui parle d'un projet en Seine-Saint-Denis : aller dans les collèges et lycées à la rencontre des jeunes autour des musiques actuelles.

Prévu pour six mois. Elle y restera dix ans.

Des milliers d'élèves, des artistes comme Zebda ou Les Innocents dans les classes, des gamins qui n'avaient jamais quitté leur quartier embarqués à Londres.

Un après-midi, une adolescente vient la voir à la fin d'un atelier. Elle veut savoir comment s'appelle le métier de Marielle.

Marielle n'en a aucune idée.

👉 Peut-être que c'est à elle de l'inventer, lui répond-elle. Et peut-être qu'un jour, cette jeune fille inventera le sien.

Le prix de la liberté

Vu de l'extérieur, le parcours a quelque chose de lumineux.

Marielle tient à remettre les choses à leur place : jusqu'à 45 ans, tout a été dur.

Le syndrome de l'imposteur ne la quitte pas. Négocier un salaire lui semble indécent. Elle reste dans l'ombre, perçue comme l'assistante, la petite main, alors qu'elle est la créative du projet.

Financièrement, elle vit sur le fil. Pas de filet de sécurité familial. Juste des amis fidèles et un réseau qu'elle a tissé elle-même.

Et chaque changement de cap coûte de l'énergie.

Quand on lui dit qu'on l'admire pour sa liberté, elle répond la même chose : cette liberté a un prix.

👉 Pour elle, la balance est simple : si elle s'ennuie, elle s'éteint à petit feu. Alors elle préfère prendre des risques, quitte à enchaîner les jobs alimentaires le temps de trouver le bon.

Le déclic à 45 ans

Sa fille Paloma est née quand Marielle avait 38 ans.

Chaque matin, après l'avoir déposée à l'école, elle s'accorde un petit rituel : un café au comptoir.

Ce jour-là, elle feuillette un supplément de magazine posé là.

Un article parle d'un phénomène venu des États-Unis : les slasheurs. Ces personnes qui cumulent plusieurs activités, recherchées pour leur agilité, leur adaptabilité, leur créativité.

Elle se reconnaît dans chaque ligne.

À la question qu'elle redoutait dans tous les dîners, « tu fais quoi dans la vie ? », elle a enfin une réponse.

Mais mettre un mot sur ce qu'elle est ne suffit pas. Encore faut-il oser l'assumer à la face du monde.

Ce qui se passe ensuite, jusqu'à l'écriture de son livre Profession Slasheur et une rencontre totalement improbable au détour d'une rue, elle le raconte devant la caméra.

Pourquoi ce témoignage compte

Ce témoignage parlera à toutes celles et ceux qui ont l'impression de ne jamais trouver « leur » métier.

À ceux qui changent souvent de poste et se demandent ce qui cloche chez eux.

À celles qui ont grandi en étant « la bonne élève » et qui peinent encore à prendre leur place.

Marielle le montre : avoir plusieurs facettes n'est pas un défaut à corriger, c'est peut-être justement ce qui rend unique.

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LinkedIn → https://www.linkedin.com/in/marielle-barbe/

Instagram → https://www.instagram.com/barbemarielle/

Site internet → www.mariellebarbe.com

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